Cordage de padel : ce qui remplace les cordes sur une pala

Une raquette de padel n'a pas de cordage. Contrairement à celle de tennis, c'est une pale pleine et perforée : un noyau en mousse pris entre deux faces en carbone ou en fibre de verre, sans corde à tendre. Ni tension à régler, ni recordage à prévoir. Confort, contrôle et puissance s'y règlent autrement.

Le résumé

  • Une raquette de padel est pleine : un noyau en mousse EVA ou FOAM pris entre deux faces en carbone ou en fibre de verre, sans aucune corde.
  • Ce qui tient lieu de tension au tennis se joue ici sur la densité du noyau, et le matériau de corde sur la face de frappe.
  • On ne recorde pas une pala : au fil des heures de jeu, on change le surgrip, le protecteur de cadre, puis la raquette quand la mousse s'est tassée.

Pourquoi une pala ne se corde pas

La pala, nom espagnol resté dans le vocabulaire du padel, est un bloc plein. Ce qui occupe son volume est une mousse moulée, pas une trame tendue sur un cadre. Il n'y a donc rien à régler après l'achat : c'est le choix du modèle, sa forme comme sa gamme, qui décide des sensations du joueur sur chaque balle.

Le règlement fixe des dimensions maximales de 45,5 centimètres de longueur, 26 centimètres de largeur et 38 millimètres d'épaisseur, et la surface est percée de trous dont il encadre le diamètre, de l'ordre de neuf à treize millimètres dans la zone centrale. Cette construction explique aussi le poids : on tourne autour de 350 à 390 grammes chez l'adulte, davantage qu'une raquette de tennis montée, pour un instrument pourtant bien plus court. La matière remplit tout le volume au lieu d'entourer un vide. Pour le reste des critères d'achat, le guide des raquettes de padel détaille les formes et les niveaux.

D'où vient la confusion avec le tennis

Trois raisons se cumulent. La première tient aux marques. Babolat, née à Lyon en 1875, a commencé par fabriquer du cordage de tennis avant de faire des raquettes, puis des palas ; Head vend également des cordages de tennis et des raquettes de padel. Associer le mot cordage à l'une de ces marques ramène donc naturellement vers le tennis, et notre guide des raquettes de padel Babolat détaille cette gamme.

La deuxième vient des places de marché, où l'on trouve des annonces intitulées corde de raquette de padel. L'objet vendu n'est pas un cordage : c'est la dragonne, le cordon que l'on passe au poignet et qui retient la raquette si elle échappe de la main.

La troisième est un réflexe de joueur de tennis. Le padel connaît en France une progression rapide, et une bonne partie des nouveaux pratiquants arrive du tennis, où le choix du cordage est un vrai levier de réglage. Ils en cherchent donc l'équivalent au padel. Cet équivalent existe, mais il se situe ailleurs.

Ce qui joue le rôle du cordage sur une pala

La densité du noyau, l'équivalent de la tension

Au tennis, la tension du cordage se règle, généralement entre 22 et 27 kilos. Relâchée, elle rend le tamis plus élastique, donc plus puissant et plus confortable ; serrée, elle rend le renvoi plus sec et gagne en précision. C'est un curseur entre confort et contrôle.

Au padel, ce curseur existe aussi, mais il est figé à la fabrication par la mousse du noyau. Dense, l'EVA restitue moins de puissance, mais elle tient le contrôle et vieillit lentement. Le FOAM, un polyéthylène, joue l'inverse : plus tendre sous la balle, il absorbe les vibrations, ménage le bras et procure une sensation plus douce, en contrepartie d'un tassement plus rapide. Choisir entre EVA et FOAM revient donc à faire, une seule fois et au moment de l'achat, l'arbitrage qu'un joueur de tennis refait à chaque montage.

La face de frappe, l'équivalent du matériau de corde

Au tennis, le matériau de la corde fait le reste du caractère : le boyau naturel et le multifilament pour le confort et le toucher, le monofilament en polyester pour le contrôle et la prise d'effet, le montage hybride pour combiner les deux. Les cordages en boyau naturel restent la référence en sensation, et le type de montage se choisit selon le besoin du joueur.

Au padel, ce rôle revient à la face. En fibre de verre, elle plie davantage sous la balle et pardonne les impacts décentrés. Le carbone est rigide : il restitue plus d'énergie et gagne en précision, mais il transmet aussi davantage de vibrations. On juge sa qualité au tissage, noté 3K, 12K ou 18K : plus le nombre monte, plus la trame est serrée et le cadre raide. Sur les palas modernes, le tissage le plus fin n'est pourtant pas le meilleur choix pour qui débute : il rend la raquette exigeante. Les modèles d'entrée de gamme, comme ceux passés en revue dans notre essai des raquettes de padel Decathlon, restent en fibre de verre pour cette raison.

Les perforations, que rien n'égale au tennis

Les trous n'ont pas d'équivalent sur un tamis tendu. Ils allègent la pale, réduisent sa résistance à l'air pendant le geste, et leur répartition déplace la zone où l'impact est le plus efficace. Une perforation plus dense au centre élargit cette zone de tolérance ; une répartition qui concentre la matière en haut du cadre favorise le smash au détriment de l'indulgence.

Adapter le noyau et la face à son style de jeu

Le raisonnement est le même qu'au tennis, où l'on choisit un cordage selon sa façon de jouer. La différence tient au calendrier : ici, les deux réglages se décident une seule fois, au moment de l'achat, et le meilleur compromis dépend du type de joueur.

Celui qui construit le point et cherche la précision a intérêt à un noyau dense en EVA, parce qu'il place la balle plus qu'il ne la frappe. Celui qui termine au smash privilégie la puissance et s'accommodera d'un cadre rigide en carbone. Un débutant, dont le coup droit et le revers manquent encore de régularité, gagne davantage à une face en fibre de verre tolérante qu'à un modèle performant qu'il ne saura pas exploiter : c'est le conseil qui vaut pour toutes les marques.

La prise d'effet, elle, ne dépend presque pas du matériel. Là où un monofilament en polyester mord la balle au tennis, la surface d'une pala est lisse ou légèrement grainée, et c'est le geste qui produit le lift ou le slice. Un joueur qui cherche de l'effet doit donc travailler sa technique plutôt que changer de raquette, et le résultat se voit alors sur tous les coups.

Ce que l'on remplace vraiment, et à quelle fréquence

La question de la fréquence de changement est légitime : simplement, elle ne porte pas sur un cordage. Quatre éléments s'usent, à des rythmes très différents.

Le surgrip, la seule pièce à changer souvent

C'est la bande que l'on enroule sur le manche. Elle s'encrasse, durcit et devient glissante. Un joueur régulier la remplace de l'ordre de toutes les dix à quinze heures de jeu, un joueur occasionnel deux à trois fois par saison. Un surgrip usé fait serrer la main plus fort que nécessaire, ce qui fatigue l'avant-bras : la pose d'un surgrip neuf est le remplacement le plus utile, et le moins coûteux.

Le protecteur de cadre

Ce ruban de plastique protège le pourtour de la pale, qui frotte le sol et les vitres à chaque volée basse. Il se change lorsqu'il est entamé sur toute son épaisseur, avant que le frottement n'atteigne le cadre. Le laisser s'user jusqu'au bout revient à sacrifier la raquette pour économiser une pièce d'usure.

La dragonne

Elle ne s'use presque pas, mais elle se contrôle : un cordon effiloché lâche au mauvais moment, et une raquette de près de 400 grammes qui part vers une vitre ou vers un partenaire est un vrai risque. Sa vérification prend deux secondes avant d'entrer sur le terrain.

La raquette elle-même

C'est le seul remplacement qui coûte cher. La mousse se tasse à l'usage et perd de son ressort, sans qu'aucun signe visible ne l'annonce : la raquette paraît intacte et rend moins. Un joueur qui pratique deux fois par semaine change souvent de pala au bout d'une à deux saisons, plus tôt avec un noyau FOAM qu'avec un noyau EVA. Deux signaux concrets doivent alerter : une fissure sur le cadre ou le pourtour, et un tamis qui sonne creux au tapotement, signe que le noyau s'est décollé des faces.

Entretenir sa pala, faute de pouvoir la recorder

Sans cordage à changer, l'entretien devient l'unique levier de durabilité. Trois habitudes suffisent, et elles pèsent plus lourd qu'on ne le croit sur la durée de vie d'une raquette.

La première est thermique. Une pala laissée dans un coffre de voiture en plein été, ou une nuit entière par temps de gel, subit des écarts que la mousse et les colles supportent mal : le noyau se déforme et les faces peuvent se décoller. Une housse isotherme est conçue pour cela, et elle coûte sans commune mesure avec une nouvelle raquette.

La deuxième concerne l'humidité et la poussière. Le sable du gazon synthétique s'accumule dans les perforations et ternit la surface. Un chiffon légèrement humide après la partie, puis un séchage à l'air libre, suffisent, à condition de ne jamais ranger une raquette encore humide dans un sac fermé.

La troisième est un contrôle rapide. Vérifier le protecteur, le surgrip et la dragonne avant d'entrer sur le terrain prend quelques secondes. C'est aussi le bon moment pour tapoter le tamis : le son est une information fiable sur l'état du noyau, et il change bien avant que la sensation à l'impact ne se dégrade.

Les questions que se posent les joueurs

Peut-on faire corder une raquette de padel ?

Non. Une raquette de padel est un bloc plein : il n'y a ni trame, ni œillets, ni rien à tendre. Aucun cordeur ne peut intervenir dessus, et aucune marque ne vend de cordage destiné à une pala.

Existe-t-il une tension sur une raquette de padel ?

Non, pas au sens du tennis. Le réglage équivalent est la densité du noyau en mousse, fixée à la fabrication : dense en EVA pour le contrôle, plus tendre en FOAM pour le confort.

Que vend-on sous le nom de corde de raquette de padel ?

Une dragonne, c'est-à-dire le cordon de poignet qui retient la raquette si elle glisse de la main. Le règlement la rend obligatoire en compétition. Ce n'est en aucun cas un cordage.

Peut-on jouer au padel avec une raquette de tennis ?

Non. Le règlement l'interdit, et le jeu s'y prête mal : la longueur du manche gêne près des vitres, et un tamis cordé renvoie la balle beaucoup plus vite dans un espace fermé.

À quelle fréquence changer le surgrip d'une raquette de padel ?

De l'ordre de toutes les dix à quinze heures de jeu pour un pratiquant régulier, ou dès qu'il glisse. Un surgrip usé oblige à serrer davantage et fatigue l'avant-bras.

Quand faut-il changer de raquette de padel ?

Quand la mousse s'est tassée et que la raquette rend moins, souvent après une à deux saisons à raison de deux séances par semaine. Une fissure sur le cadre ou un tamis qui sonne creux imposent le remplacement.

Le vocabulaire juste, pour ne plus se tromper

Une bonne part de la confusion se dissipe avec les bons mots. La raquette s'appelle une pala ; sa surface de frappe est le tamis, même s'il n'est pas tendu ; la mousse intérieure est le noyau ; la bande du manche est le surgrip ; le cordon du poignet est la dragonne ; le ruban du pourtour est le protecteur. Aucun de ces termes ne désigne un cordage. Le lexique du padel reprend le reste du vocabulaire du jeu.

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